dimanche 10 avril 2016

Retour du Nord Bénin

Voici la page 2015 tournée, devant nous une nouvelle année. A Natitingou, nous étions quelques amis à réveillonner ensemble chez Dany, propriétaire de « Ma Case au Bénin », enfin… le terme « réveillon » est un peu prétentieux. Concrètement, j’étais allé au monastère de Pèporiyakou pour faire l’approvisionnement en produit de leur ferme : rillettes, jambon et saucisses. A la supérette, j’avais trouvé du Cabernet Sauvignon d’assez bonne facture. De son coté, Dany avait préparé un excellent riz en accompagnement, et pour finir une coupe de fruits dont elle a le secret. Peu importe la simplicité du menu, la convivialité était là, dans le cadre reposant et agréable de cet ensemble de cases africaines plantées au milieu d’un jardin luxuriant sur les hauteurs de la ville. Derrière les cases, coule un ru qu’il convient de nommer « la marigot », où les lavandières africaines viennent frapper le linge. Les guides touristiques ne se trompent pas en recommandant cette adresse.
Après les douze coups de minuit, les jeunes prenaient le chemin des cabarets où l’on sert du tchoukoutou, dit le « tchouk » ; il s’agit d’une bière artisanale fabriquée à base de mil ou de sorgho qui est très prisée par les béninois et togolais. Il en existe deux sortes : fraîche ou fermentée. La première est douce, sucrée, le seconde amère et nettement plus alcoolisée. Aux abords des rues, il y a donc ces fameux « cabarets », dans lesquels hommes et femmes se retrouvent pour savourer cette boisson tant appréciée. On la déguste dans une petite calebasse, et il est dit qu’elle serait aussi revitalisante, ce qui est sans doute un bon argument de vente pour les hommes un tant soit peu fatigués, qu’elle ferait oublier les soucis, et guérirait même du palu, mais pour ça, il n’existe pas de preuve scientifique. Outre ces vertus thérapeutiques, le tchouk serait également un vecteur de réconciliation entre ennemis ou adversaires, suscitant le pardon. Vraiment, comme on dit à Abidjan, le tchouk est trop, hein !
Pendant ce temps, les anciens – cad Dany et moi - regagnaient raisonnablement leur chambre. Un vrai soulagement en ce qui me concerne, étant donné que mes paupières ont terriblement souffert des attaques de l’harmattan ; elles ont gonflé de volume depuis mon arrivée dans l’Atacora, qui n’est pas simplement le nom d’un département du Bénin mais aussi une chaîne montagneuse où l’on peut découvrir les fameuses tata-sombas, ces fermes fortifiées si particulières aux Bétamaribés (j’y reviendrai), et le Parc National de la Pendjari, grande réserve naturelle et animale. La vitamine A trouvée en pharmacie, calme un peu mes irritations oculaires, c’est un minimum, mais le gène demeure. Or, demain, il va falloir reprendre la route direction Sud, avec étape à Dassa chez Armand & Joanna qui tiennent la Ferme Maktub, dont le Routard nous vante les qualités d’accueil et de restauration, ce que je ne démentirais pas, et qui fait partie du réseau « Accueil Paysan ». Armand s’occupe de la ferme, sise à l’écart de la ville, loin des sentiers battus, il tient un élevage de lapins, de chèvres, bientôt de cochons et cultive un jardin de fruits et légumes bios ; Joanna s’occupe de la cuisine et de la restauration avec son personnel. De chez eux, il est possible d’effectuer de belles ballades sur les immenses, les colossaux rochers qui surplombent Dassa. Les bungalows sont simples mais très fonctionnels, réalisés dans un style authentique et avec matériaux traditionnels.
Reprendre la route…. Cette route est en certains endroits dans un état lamentable, avec des nids de poule profonds, ce qui m’oblige à faire un détour par la case garage pour une soudure au pot d’échappement. Après Dassa, elle devient à peu près bonne, puis, tout à fait après Bohicon. Arrivée à Cotonou, passage chez les Dovi pour y déposer mon accompagnateur avec ses provisions de tchouk, fromages, ignames et pommes de terre, puis retour à la maison pour du repos bien mérité, mais de courte durée. En effet, j’avais prévu une petite fête à la maison le 3 au soir avec la famille Tempête. Je m’en serais bien dispensé tant mes paupières boursouflées me causent de l’inconfort. La pharmacienne de Fidjrossè m’a donné une pommade ophtalmique unidose, le Sterdex, que je vous recommande en cas de problème similaire ; elle s’est avérée très efficace dès la première application.
Le 7 janvier, j’ai commencé mes séances de rééducation du rachis cervical à Camp Ghezo, l’hôpital des armées. Après seulement trois soins, je dois reconnaître le grand professionnalisme des kinés militaires : étirements musculaires, massages, je me sens déjà soulagé, je pense voir bientôt la fin des douleurs.
A la veille de la fête du Vaudou, qui est une fête nationale au Bénin, j’ai pris la direction de Wado, un restaurant de plage qui est le spot préféré des surfeurs ; ils avaient prévu une « soirée folle et conviviale, avec piste de danse sous les étoiles, musique pour nous enjailler (j’aime bien ce verbe issu de l’argot de Côte d’Ivoire) les pieds dans le sable, et feu de camp en bord de mer… ». En réalité, leur communication tardive sur le thème « le Wado va chauffer!» ne leur a pas permis de réunir beaucoup de participants. Dommage ! Ce qui ne nous a pas empêché de goûter à leur carte habituelle de poissons frais et de fruits de mer.
Avant cette soirée, nous avions tenu à la maison la seconde réunion de l’Association Jar’Nati Bénin ; il va falloir que les participants arrivent à l’heure ! Amha, ce n’est pas gagné, mais je ne renonce pas.
Sinon, j’entame une semaine de démarches administratives : chef de quartier, carte consulaire, visa de séjour. Bref, ça n’arrête pas ; on a beau être à la retraite, il y a toujours quelque chose à faire.

[A suivre]

Noël à Pèporiyakou

26 décembre 2015


Entrée dans les lieux / Noël
Vendredi18, j'ai rendez-vous avec mon nouveau propriétaire pour la
remise des clés de mon appartement. J'attendais ce moment avec impatience ; la veille, j'avais signé le contrat de location. La maison est magnifique, située non loin de la route des pêches, et de la terrasse, on peut voir et entendre l'océan. Ce soir, après un déménagement réalisé grâce à l'aide de la famille « Tempête », je peux profiter de cette agréable vision et de la brise marine qui souffle un petit air vivifiant venu du large. Un réel bonheur.
Comme il s'y était engagé, le proprio a viré le lit de la seconde
chambre qui va devenir bureau et salle à manger. L'ouverture des cantines, arrivées par le bateau la semaine dernière, a donné lieu à diverses réjouissances au profit mes déménageurs ; j'avais en effet récupéré une quantité de sacoches en France, qui font - ici - le bonheur et l'utilité de mes amis béninois. Chacun repart avec un cadeau. Puis c'est le temps du grand rangement dans les placards : linges, ustensiles, babioles, dossiers divers… tout doit venir à sa place. La déco, ce sera pour un autre jour. Il est 23 heures lorsque je termine ce travail, en solo.
Le samedi matin, ma première idée consiste à inaugurer un programme
d’activité physique : petite marche à pied en bord de plage. Non pas que j'ai la fougue pour ce genre de sport mais plutôt la conscience qu'il m'est utile voire nécessaire d'entretenir ma forme. Et la forme, je l'ai. Depuis mon arrivée, reprise d'un véritable appétit, au point qu'il va falloir que je surveille mon alimentation, et cure du vitamines à base de jus d'oranges pressées. Hum, qu'elles sont bonnes ces oranges du Bénin, juteuses et sucrées à souhait.

J'ai aussi entamé des séances de natation à la piscine de chez Rada.
Une piscine à eau de mer dans le cadre idyllique de la plage (proche) de Togbin, et une cuisine excellente. Tout irait pour le mieux si ce n'était cette fichue névralgie cervicale qui me pourrit l'existence depuis plus de vingt ans et qui ressurgit depuis quelques semaines. Mon rhumato béninois, recommandé par un ami, m'a placé quelques jours sous cortisone, Lamaline et Cortancyl, des médocs contre la douleur et favorisant la décontraction musculaire ; du coup, ça va un peu mieux. Sur ses conseils, j'aurais dû entamer une ré-éducation chez les militaires de l'Hôpital d'Instruction des Armées, à Camp Ghezo, mais je ne pourrai commencer le programme que début janvier en raison du succès populaire des militaires qui doivent hiérarchiser les demandes. J'ai hâte de passer entre leurs mains, car à ce qu'il me revient aux oreilles, leurs kinés sont fortiches.
En attendant, je prépare ma montée sur Natitingou. Noël façon
mercantile, commerciale, festive… très peu pour moi. Enock, un ami de l'association Jar'Nati-Bénin, m'a suggéré l'idée d'une retraite au monastère des moniales de ND de l'Ecoute, à Pèporiyakou, à 8 kms au nord de Nati. Les sœurs bénédictines sont issues de l'Abbaye de Jouques, en lien avec la famille de Fontgombault et se sont installées au Bénin voici dix ans sur la demande expresse de l'évêque du lieu, alors Mgr. N'Koué. J'en avais entendu parler par le Père Abbé du Barroux qui était venu au Bénin en 2013 ou 2014 lors de la bénédiction du nouveau séminaire de Parakou ; c'est une évêque très énergique, un proche du Cardinal Sarah, qui – lui aussi, d'ailleurs – est venu à Pèporiyakou. Pour les offices, les religieuses psalmodient en grégorien et la liturgie qu'elles suivent bénéficie du privilège du Motu Proprio de Benoît XVI, ce qui – évidement – n'est pas pour me déplaire.

Je dois avouer qu'à l'instant où j'écris ces lignes, de ma chambre
hôtelière du monastère, la satisfaction espérée au plan spirituel fut au rendez-vous. J'ai eu le plaisir d'y croiser l'Abbé Denis Le Pivain, Directeur du Séminaire de Parakou, et le Père Bernard Mallet, moine de l'Abbaye de Randol en mission au Bénin où il aide les sœurs depuis quelques mois. Marrant, mais avec ces deux prêtres, nous retrouvons ensemble des connaissances de jeunesse communes.
La semaine prochaine, je la passerai à Nati, avec à mon programme
divers contacts pour Jar'Nati-Bénin, et un peu de repos chez Dany Raye qui tient le gîte « Ma case au Bénin », un merveilleux havre de paix. Nous ferons ensemble le passage à 2016, mais j'aurai l'occasion d'y revenir.

Affaire de démarcheur, deh !

11 décembre 2015


Affaire de démarcheur, deh !
Au Royaume de Dahomey, trouver l'appart ou la maison de ses rêves relève le plus souvent d'un sens aigu de l'exploration et de la négociation, comme je suis en train d'en faire l'expérience. Les « démarcheurs », sorte de prospecteurs faisant l'interface entre les propriétaires et les locataires potentiels, font florès à Cotonou où la demande en matière de logement explose. Mon cadre – à moi - était bien fixé. D'abord, à proximité du bord de mer, pouvoir aller promener à pied sans nécessairement utiliser zem ou voiture, et vue sur icelle, car il a toujours été présent dans mon esprit que la vision de la mer ou de l'océan, comme le bruit du ressac ou des vagues s'écrasant sur le sable des plages, produisaient sur mon subconscient une zénitude bienfaisante. Ensuite, les éléments propres au logement, alliant la sécurité, le confort meublé et l'absence de servitudes ou de bazar. Exclu, donc, tout ce qui constitue le parc de résidences hôtelières où l'on voit circuler tout un tas de monde, souvent changeant, et bruyant. Exclus aussi les immeubles importants où l'on trouve quatre appartements à chaque étage. Enfin, il me fallait le balcon ou la terrasse procurant cette vue sur la mer tant convoitée. Le premier round d'observation m'a emmené sur des fausses pistes. Trop de chambres, ou un regrettable rez-de-chaussée sur cour, ou encore un bien nécessitant des travaux importants, un renouvellement complet de l'ameublement... J'en ai vu, j'en ai vu des biens inadaptés aux critères de ma recherche, avant que mes démarcheurs finissent par comprendre ce que je voulais. Finalement, je découvrais quelques trésors bien cachés, qui n'allaient pas tarder à me poser d'autres petits soucis, mais d'un autre ordre. D'abord, un immeuble sobre et propre, rez plus un étage, peint en blanc, face à la Cabane des Pêcheurs ; peu de logements, mais un meublé deux chambres qui me conviendrait parfaitement au vu des photos de l'agence. Problème, cet appart est loué/occupé par une personne qui renouvelle par période de trois mois. J'insiste. On finit par me concéder qu'il sera peut-être possible d'en faire la visite fin décembre pour peu que l'occupant s'en aille, ce qui semble envisagé de sa part. A mon avis, c'est pas gagné ! Je me rabat donc du coté « fin pavé » où il m'est proposé un splendide appartement au dernier étage d'une maison totalement rénovée, une chambre salon, mais les pièces sont spacieuses, et grande terrasse. Pour ne rien gâcher, des finitions haut de gamme, cuisine à l'américaine, un magnifique puits de lumière dans le plafond du salon. Je craque. Discussion avec l'agence. La difficulté surgit là où je l'attendais le moins : la propriétaire a entreposé des effets personnels dans une remise de l'appartement, laquelle remise détient l'accès direct vers la terrasse depuis l'intérieur de l'appartement. Dans ces conditions, aller sur la terrasse m'obligerait à passer par le palier, chose peu pratique, outre le fait que je supporte difficilement l'idée d'avoir une pièce chez moi où des gens peuvent venir retirer ou mettre des affaires. Tergiversations, j'attends depuis quarante huit heures une réponse et une offre définitives. Reste la troisième proposition, située elle aussi sur la route des pêches, du coté de l'Atlantic Beach Hôtel. Une belle villa occupée par la famille du propriétaire qui loue - en haut - un deux chambres salon avec terrasse. Je suis emballé. Le salon n'est pas très spacieux ; qu'importe, il m'est proposé de transformer l'une des deux chambre en salle à manger et bureau. A l'heure où j'écris ces lignes, je me gratte encore la tête, sans avoir décidé de mon choix. Dois-je attendre ou accepter cette offre ? Dois-je prendre patience des réponses attendues aux deux premières ? Épineuse question. Et voilà-t-il pas qu’entre-temps, Roland, mon démarcheur attitré, me téléphone, c'était hier soir ; il a encore dégoté deux biens à me faire visiter ce matin. Bon, on y va. En route pour Fidjrossè.
[à suivre]

Kangni Alem à l'Institut Français

3 décembre 2015


Ce soir, à l'auditorium, Kangni Alem est l'invité de l'Institut Français de Cotonou, venu présenter son dernier roman : « La légende de l'assassin. » publié chez Lattès. Je ne connaissais pas cet auteur togolais, passé d'un doctorat en littérature à l'exercice de la comédie et même l'écriture de pièces et nouvelles ; de retour à Lomé, où il enseigne, il donne d'emblée le ton, celui d'un homme libre, qui ne se laisse pas conter des sornettes et rigole aux étiquettes dont certains l'affublent. Lisez mes romans, nous dit-il. L'écrivain ne vaut que par ce qu'il produit sur le papier. Par où commencer pour suivre ce conseil ? J'avais acquis, tout à fait au hasard, mais aussi parce que le titre évoquait en moi, en filigrane, l'histoire du Dahomey, son avant-dernier roman « Esclaves. ». Mais ce soir, nous avons droit à une explication sur une vieille affaire judiciaire qui s'est réellement déroulée voici trente ans dans le pays, un pays sous la dictature. L'avocat pénaliste chargé de défendre l'accusé, le meilleur dans sa spécialité, va perdre le procès. Trente plus tard, il repart sur les traces du crime, du jugement et de l'exécution du condamné pour tenter de comprendre. La narration se fait de façon alternée : question du critique – réponse de l'auteur. On traverse toutes sortes de sensations : etonnement, rire, tristesse, révulsion. On ne s'ennuie pas une seconde. Il faut dire que Kangni Alem dispose d'un verbe riche, il fait voler les mots, les expressions,, tout ça virevolte en permanence. Au surplus sa maîtrise du métier de comédien, fruit - très probablement - d'un excellent apprentissage de l'élocution, donne à son expression une couleur chatoyante, plaisante, on ne se lasse pas de l'écouter parler ; il n'y a pas seulement ses intonations, il y a aussi les gestes de ses mains, de ses bras, ses mimiques, ses rires, et sa façon de boire une goulée d'eau entre deux phrases. Manifestement, il joue de cet échange, comme il jouait sur les planches, comme il joue, c'est certain, devant ses étudiants. Non, il ne joue pas ; il est vrai.
Ah, oui, vraiment, une soirée très agréable et un auteur à découvrir !


Whats'App, vous connaissez ?

28 novembre 2015















Whats'App, vous connaissez tous, pour la plupart d'entre vous qui êtes en Afrique. Mais pour ceux qui l'ignoreraient, je précise ici qu'il s'agit d'une application de messagerie mobile qui permet d'échanger des fichiers ou des messages instantanés avec facilité et souplesse, à deux ou à plusieurs. Le 27 novembre, un message Whats'App tombe sur mon smartphone pour m'inviter à une expo-vente des œuvres de deux jeunes photographes béninois. Il provient de P***, un garçon très sympathique, doté d'un entrain généreux, voire communicatif, débordant de vitalité, prévenance, gentillesse. Il s'occupe – si j'ai bien compris – de relations publiques auprès de l'ambassade américaine ; dans le cadre de sa mission, il multiplie les propositions d'activités et organise ou diffuse des événements susceptibles d'amener les populations à se connaître, échanger et partager leur mode de vie. Il m'a été présenté quelques jours plus tôt par Carlos Bossouvi, à l'occasion d'un tournoi amical de beach volley organisé du coté de Dream Beach, face à l'océan : un dimanche, fin d'après-midi, sur le sable, pour un moment de sport et d'amitié, ambiance décontractée, sportive et – ce qui ne gâte rien - musicale. En résumé, un bon moment pour tous les participants et pour moi qui – malheureusement – souffre de quelques difficultés à rivaliser avec les jeunes dans ce sport relativement physique ; j'en serai donc simple spectateur. Retour sur la soirée-expo, qui se déroule aussi chez une américaine ; Gail Fisk Malone habite une magnifique villa du coté de la Haie Vive. A mon arrivée, je fais la connaissance de notre hôtesse du soir, qui accueille ses invités au seuil de la maison : une femme qui m'apparaît de suite comme enjouée, curieuse, très dynamique. Elle m'explique qu'elle est juriste. Nous poursuivons la conversation sur la généalogie, une affaire qui la passionne également. Les invités déambulent entre les pièces de salon, au centre duquel nous est proposé un attrayant buffet, avec un vin rosé très frais. Je me laisse aller à découvrir ce cépage, et commence, verre en main, à parcourir le rez de chaussée, sur les murs duquel ont été joliment exposées, mises en valeur, les photos de nos artiste-vedettes de la soirée. Dans un couloir, je croise Romuald Hazoumé, alors qu'il partait ; dommage, j'aurais bien voulu papoter quelques minutes avec lui dont j'ai visité et aimé son exposition qui se tient encore à la Fondation Zinsou ; tant pis, ce sera pour une autre fois. La sélection et la mise en valeur des clichés de Cyrille Vito & de Yannick Folly sont particulièrement réussies. Je flashe en particulier sur cette saisie de « vieilles mains » (une pensée pour Doris Lacombe, qui en est devenue maîtresse incontestée autant qu’incontestable) ainsi que sur ces saisissants regards de personnages anonymes, captés au vif dans la rue ou sur le terrain de leurs activités. Des contacts sont enregistrés, les cartes de visite échangées. Une agréable soirée qui se terminera au Sanctuary, à Cadjehoun, sur la scène duquel se produit chaque soir de week-end un groupe musical béninois au style « rock'n & blues » performant.

[à suivre.]

Ma vie Cotonoise

13 Novembre 2015

Ma vie Cotonoise. J'ignore pourquoi, mais je n'avais aucunement imaginé, au départ, transformer mon mur Facebook en autre chose qu'une revue de presse, relayant des articles ou des informations qui m'avaient sensibilisé, positivement ou négativement, qui m'avaient plu ou déplu, en un blog davantage personnel, relatant ma nouvelle vie à Cotonou. Le fait est ; j'éprouve aujourd'hui le besoin de partager mon ressenti et les découvertes réalisées au fil de mes pérégrinations en ce beau pays où je viens de m'établir. Sans doute, cette motivation relève-t-elle de mon propre travail intérieur, effectué depuis deux ans, et consécutif à une tranche de ma vie qui s'est terminée dans un mélange de douleur et de ressentiments, à ce jour derrière moi, en quelque sorte dépassée. Une page s'est tournée ; une autre, blanche, est à écrire. Le Bénin, au départ, c'est un peu le hasard. Mais ne dit-on pas que nous méritons toutes nos rencontres ? Celle qui m'a amené ici est anecdotique, un pur produit des nouveaux réseaux sociaux. Quatre voyages d'un mois depuis 2014, avant de décider de franchir le cap : m'y installer. C'aurait pu être le Cameroun ou la Cote d'Ivoire, pays dans lesquels j'ai conservé de précieuses amitiés. Cotonou fut pour moi une agréable découverte. Un pays à la population chaleureuse, des contacts qui s'avèrent, au quotidien, riches, malgré que je sache bien, en tant que toubab, que l'amitié en afrique se conjugue souvent de près avec l'intérêt matériel. Rien de nouveau pour ce qui me concerne, je suis un « chibani » africain, immigré en ce continent depuis 1981, et lorsque je vois mes cinq vieux passeports remplis de visas de tous ses pays, je me prends à penser que la Providence m'a bien récompensé, la vie m'a permis de découvrir des mentalités multiples, de faire des rencontres intéressantes, contempler des paysages magnifiques, connaître des aventures parfois cocasses, comme cette incursion en 86 dans la région du lac Tchad, et qui m'a laissé des souvenirs inoubliables. Bref, tout ça pour dire que le pays où je me pose aujourd'hui pour la retraite constitue, sauf si je me trompais, une nouvelle étape, probablement la dernière. J'aurais à coeur, prochainement, de vous parler de ma vie cotonoise, sans prétention, juste dans un désir d'échange sur mes idées, mes avis, mes critiques (oui, aussi) bonnes ou mauvaises. Et ça commence dès maintenant avec mes recherches d'un nouvel appartement plus grand, d'une voiture d'occasion, et autres petites choses diverses… j'ai retrouvé ici le traceur fondamental qui caractérise si bien la vie africaine, je veux parler du facteur *temps*, j'ai recommencé à conjuguer le verbe « attendre » au passé au présent et au futur. Vu d'un certain angle, ça peut apparaître comme assez amusant, voire sympathique, surtout pour une personne oisive comme moi, qui – par définition – a tout son temps à perdre, lol. Il n'empêche. Une vie sociétale correctement organisée requiert bien davantage de précision aux heures de rendez-vous, aux temps de réalisation ou autres délais qu'on annonce et qu'on ne respecte pas.
[à suivre]

Arrivée à Cotonou

11 Novembre 2015

Ma vie étant désormais à Cotonou, je me dois de fournir quelques news de ma modeste personne à celles et ceux qui me lisent, là-bas, loin en France.... Arrivée éreintante, ce lundi 2, à l'aéroport Cadjehoun de Cotonou, rebaptisé Aéroport International Bernardin Gantin, du nom d'un illustre cardinal béninois mort en 2008. Cette pieuse dénomination n'empêcha pas notre avion de se poser avec deux heures de retard. Dieu n'y était pour rien ; seul le brouillard parisien est à blâmer dans cette affaire. Mais le calvaire n'était pas terminé puisque sur les huit guichets de police chargés du contrôle des passagers, seuls deux disposaient d'ordinateur et scanner en état de fonctionnement. Le résultat, je vous le laisse imaginer, la file des voyageurs s'écoulait au compte goutte et il me fallut une bonne heure pour franchir ce contrôle. Je pensais que c'était fini, mais que nenni ! En raison du filtrage sévère au niveau police, le tapis des bagages était totalement surchargé, au point que les bagagistes s'arrachaient les cheveux, ne sachant plus où les mettre. Au bout d'un long moment, je vis apparaître ma cantine, suivie de ma valise... Il me fallait alors, avec l'aide d'un porteur un peu fûté, court-circuiter la longue file d'attente au contrôle de sortie des bagages. Récemment, en effet, en raison du développement des trafics d'armes et de drogue, les autorités ont pris la décision d'installer un contrôle de celles-ci au scanner. En soi, l'idée est excellente, ne souffre de ma part d'aucune réserve. Là ou le bât blesse, c'est qu'avec un seul appareil, le délai d'attente normal pour arriver à prendre mon tour devant le tunnel aurait été d'une heure supplémentaire. Bref, enfin sorti, je retrouvais mon chauffeur qui me conduisit à la maison. Inutile de vous dire qu'après cet épisode, j'appréciai de tomber dans les bras de Morphée.
[à suivre]